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Exposition

Mémoire Traversée
Paysage, visage de la grande guerre

vendredi 31 octobre 2014 > dimanche 18 janvier 2015

Tarif plein 9€, Tarif réduit 7€ (sur présentation d'un justificatif) Acheter Billet / Place

Éléphant Paname présente une exposition sur le thème de la mémoire qui questionne ses visiteurs sur les multiples résonances de ce moment clé de l’histoire que fut la grande guerre.

Composant avec les vestiges, les images et les paysages de ce conflit, 26 photographes contemporains confrontent leur approche du champ de bataille avec le souvenir qu’ont pu en avoir les derniers témoins aujourd’hui disparus.

Fidèle à sa vocation de proposer un regard décalé et original sur des thèmes très variés, Éléphant Paname convoque des créateurs contemporains dont les oeuvres constituent un discours visuel aussi novateur que personnel et contrastent avec le contenu des célébrations du Centenaire.

L’exposition s’articule sur les trois niveaux de l’hôtel particulier qui inspirent trois étapes d’un parcours à travers les visions différentes, souvent antinomiques, des photographes partis sur les pas des combattants. Elle met en lumière les ravages du temps, questionne notre propre perception du paysage, y compris ce que nous imaginions immuable.

L’exposition La Mémoire traversée figure dans le programme officiel du Mois de la Photo à Paris ainsi que dans celui de la Mission du Centenaire 14/18.

Un hors-série du magazine Beaux-Arts lui est consacré. Vous pouvez le retrouver en vente dans notre boutique ainsi qu'en consultation dans la rubrique catalogue à droite de cette page.

 


VUES DE L'EXPOSITION

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Salle du dôme de la Mémoire Traversée intitulée " Entre ciel et terre"
Photographie de Jehan de Boujadoux, ENS Louis Lumière

La Mémoire Traversée

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Église Saint-Germain de Préaux-du-Perche. Série Mémoire de verre, 2013. Photographie
© Patrick Bard / Signatures

Photographier la mémoire par Gabriel Bauret, co-commissaire

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La photographie témoigne habituellement de l’actualité, c’est-à-dire de l’histoire en train de s’écrire ; celle qui est présentée dans l’exposition La Mémoire traversée  raconte le passé à travers des traces souvent promises à la disparition.


Les derniers témoins survivants de la Grande Guerre sont partis avec leurs paroles, il ne reste que leur image ou leurs écrits, les objets qu’ils ont possédés ou les paysages qu’ils ont foulés de leurs pieds. Ce sont ces éléments que le créateur s’approprie pour dire le rapport qu’il entretient avec l’histoire ; et c’est de cette manière aussi qu’il interroge et réactive la mémoire, qu’elle soit collective ou individuelle. La photographie prend alors la forme de l’évocation, elle cultive le symbole, sollicite l’imaginaire et le sens se loge parfois hors du cadre de l’image. Si tous ces détours se révèlent signifiants, ils sont également chargés d’émotion.

À la différence de projets à caractère scientifique et consistant le plus souvent à recueillir des documents d’archives ou des objets qui ont traversé le temps, l’exposition La Mémoire traversée réunit des oeuvres qui traduisent des sensibilités d’aujourd’hui,aussi libres que subjectives. Elle mêle des créateurs français et étrangers, issus de générations, formations et cultures différentes, et qui par conséquent entretiennent des liens très divers avec l’histoire. Certains vivent sur les territoires où la guerre s’est installée, ils en sont parfois même imprégnés depuis l’enfance ; d’autres, venus d’horizons lointains, ne font que passer sur les champs de bataille aujourd’hui sanctuarisés ou à proximité de monuments qui rendent silencieusement les honneurs aux combattants. D’autres encore montrent l’absence de tout signe renvoyant à la guerre. Et c’est cette diversité d’approches que l’exposition a choisi de mettre en scène et en lumière.

Les photographes et artistes contemporains n’ont pas attendu le déploiement actuel des célébrations du Centenaire de la Grande Guerre pour aborder cet épisode de l’histoire. Selon un rythme et des préoccupations qui leur sont propres, beaucoup ne cessent de développer sur ce thème un original travail de mémoire.


 
Biographie : 

Secrétaire de rédaction du magazine Zoom de 1980 à 1984. Rédacteur en chef de la revue Camera International jusqu’en 1993. Réalise aujourd’hui, en tant que commissaire indépendant, des expositions en France et à l’étranger. Est également auteur de plusieurs livres sur la photographie (entre autres aux éditions du Chêne, La Martinière, Assouline et Filigranes) et a préfacé de nombreuses monographies. Délégué artistique du Mois de la Photo à Paris en 2006, organise régulièrement des expositions dans le cadre de cette manifestation. Co-directeur artistique des Transphotographiques de Lille en 2010 et 2011. A travaillé récemment sur des oeuvres aussi différentes que celles de Shoji Ueda, Peter Knapp, Lucien Clergue, Roman Cieslewicz, Daido Moriyama, Giorgia Fiorio, Sacha, Gabriele Basilico ou Jesse A. Fernández. Consultant pour le Prix de Photographie de la Fondation Jean-Luc Lagardère et intervenant à l’école des Gobelins.

Mémoire des traces par Laurent Loiseau, co-commissaire

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MÉMOIRE DES TRACES

TRACES DE MÉMOIRES

Depuis la résurgence de l’engouement pour la Grande Guerre, les photographes ont arraché aux paysages la douleur d’une généalogie tourmentée par les 1.563 jours de guerre qui ont tué en moyenne 900 Français et 1.300 Allemands par jour. Sillonnant les 700 kilomètres de front, plongeant dans les entonnoirs cyclopéens, les artistes ont su montrer, avec talent la trace brute d’un relief qui ne cesse de dire la cruauté d’une guerre de matériel qui priva 500.000 soldats de sépultures et les familles d’un deuil légitime.

De cette quête, on ne ressort pas indemne. Photographier un paysage de guerre, c’est d’abord se confronter à sa propre histoire. Comme les soldats, beaucoup de photographes ont souffert de la boue des Flandres et suffoqué dans la craie de Champagne. Plus encore, la plupart ont du se confronter à l’absence, à la Nature toute puissante qui lutte pour reprendre ses droits. Car la paix durable a aussi fait disparaître le vestige. Les témoins de pierre ont roulé dans l’océan des « champs d’honneur » chers à Jean Rouaud.

Le photographe fait alors surgir une vision particulière d’où naît une interrogation : de quoi le paysage de la Grande Guerre est-il la trace ? La Mémoire traversée questionne autant la signification de la ruine abandonnée ou muséographiée que le désarroi du photographe devant l’absence. Dans ce paysage lourd d’un sens égaré, est-il un témoin, un artiste ou un intrus ? Au-delà des paysages de mémoire ou d’histoire, la photographie dévoile l’intimité de son auteur et dessine sa relation profonde avec la terre, la famille, la Nation. Ce faisant, il nous interroge directement et interpelle les acteurs et dépositaires de cette mémoire. Que voulons-nous léguer,

faire ressentir ? De leur quête parfois vaine, souvent hallucinée, s’exprime une sensibilité contrastée. En ressortent des images d’une puissance peu commune, parfois dérangeantes, où l’on comprend que Mémoire et Histoire sont souvent peu compatibles.

Au coeur de ce temps fort des commémorations, La Mémoire traversée nous apporte une aide précieuse pour penser l’après-Centenaire.


 

Biographie :
Né le 18 juin 1965, Laurent Loiseau a suivi une carrière de journaliste dans la presse économique et sociale puis de directeur d’agences de communication pionnières dans le webcasting, la démocratisation de l’art, la culture et le patrimoine. Après avoir créé de nombreux magazines en ligne et rédigé une trentaine d’ouvrages, il se lance à partir de 2012 dans la rédaction des nouveaux guides des champs de bataille pour Michelin après un premier livre paru chez Flammarion. Passionné par la Grande Guerre, il monte trois projets d’expositions pour le Centenaire : Fusillé pour l’exemple, les Fantômes de la République, à la Mairie de Paris (15 janvier - 15 avril 2014), Fields of Battle -Terres de Paix 14-18, sur les Grilles du Sénat (4 avril - 4 août 2014) et La Mémoire Traversée pour Éléphant Paname, expositions bénéficiant toutes de la labellisation officielle de la Mission du Centenaire.

 

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